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Découplage de l’adaptation et du suivi de l’aide auditive

Actualités

22.01.18

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les étudiants en audioprothèse seront vigilants

les étudiants en audioprothèse seront vigilants.


La Fédération Nationale des Etudiants en Audioprothèse a été reçue au Ministère des Solidarités et de la Santé le vendredi 12 janvier 2018 pour échanger sur les propositions de l’autorité de la Concurrence.
A travers un échange cordial, ce fut l’occasion de mettre en avant l’inquiétude des étudiants face au découplage de l’adaptation et du suivi de l’aide auditive. Nous remercions le cabinet du ministère de nous avoir donné cette occasion, cependant suite à ce rendez-vous les étudiants resteront très vigilants sur toute tentative de dissocier appareil et suivi. Enfin, la FNEA souhaite rappeler la position des étudiants prise sur le sujet.

Le maintien des capacités auditives est un enjeu de santé publique face à un risque accru d’isolement progressif, de dépression, de déclin cognitif et de chutes. L’aide auditive est un bien de première nécessité et pourtant les patients Français sont moins bien remboursés que leurs voisins. L’étude Eurotrak place la France à la première place Européenne en termes de satisfaction et cela grâce à la qualité du suivi indissociable de l’aide auditive. Si le reste à charge est un frein à l’appareillage dans notre pays, la qualité du suivi a permis des taux d’équipement équivalents à ceux de l’Allemagne. L’indissociabilité appareil/prestations n’engendre donc, pour les 5 ans et demi de durée moyenne d’un équipement, aucun frais supplémentaire pour le patient.

L’Audioprothésiste réalise un entretien clinique auprès d’un patient qui doit être un acteur de la démarche d’appareillage. A travers nos périodes de stages, nous remarquons que chaque patient est unique et que le cas clinique défini comme “simple” est très rare, voir inexistant. Au bout de l’adaptation, le patient doit être convaincu par l’efficacité de la solution auditive sinon le risque d’échec du patient face à la réhabilitation auditive sera la non-utilisation du matériel. Nous le voyons constamment lors de nos stages, certains rendez-vous sont longs mais sans réglage technique avec simplement un versant psychologique indispensable. Il est aussi évident que l’aide auditive doit être soumise à un entretien régulier pour éviter la dégradation de ses performances... En outre, quelle serait la conséquence en termes de coût pour des problèmes minimes qui entraînent des limites à l’appareillage et qui, pourtant, sont résolus par une manipulation simple ou une simple discussion ?

La FNEA pense que cette solution utopique fera l’objet d’une minimisation du nombre de rendez-vous et in fine donnera un avantage aux acteurs à logique économique forte et aux principes déontologiques faibles.
Les étudiants pensent qu’il est dérisoire d’imaginer que le patient irait, un an plus tard, financer une nouvelle optimisation chez un autre audioprothésiste. Les étudiants jugent que la satisfaction du patient et le maintien de la qualité de soin doivent être au coeur du métier. La FNEA met en garde sur les risques d’augmentation des échecs d’appareillages, ce qui serait contraire à l’enjeu de santé publique cité auparavant. Une meilleure communication publique de prévention doit amener une hausse de l’appareillage. Il ne faut pas créer une dilution des responsabilités du suivi. Nous devons simplement avoir la volonté de stimuler une concurrence par la qualité. C’est pour cela que les étudiants resteront très vigilants à propos du découplage de l’adaptation et du suivi de l’aide auditive.