fermer
revenir au site   >

L'enquête démographique de la FNEA : Prenons garde aux dérives et aux fausses idées.  

Actualités

02.05.19

image bannière

Suite à l’accord du 100% santé, la FNEA a décidé de lancer sa deuxième enquête démographique. Après trois mois de sondage, 894 audioprothésistes se sont mobilisés pour répondre à ce questionnaire, soit un quart des professionnels recensés au 1er janvier 2018. 

L’enquête a permis à la FNEA de constater la mobilité des audioprothésistes, d’appréhender le maillage territorial, et de mettre en garde contre une augmentation trop brutale du numerus clausus, ou du nombre d’écoles qui entraînerait alors une déstabilisation du 100% Santé. La FNEA met également en lumière l’absence de données concernant le nombre d’autorisation d’exercices délivrées chaque année.

Le 13 juin 2018, le projet du 100% santé a été signé par les organismes représentatifs de la profession d'audioprothésiste. Forte de sa représentation,la FNEA a été chargée par le ministère des solidarités et de la santé de se saisir d'une enquête démographique. Lors de cette enquête aucun étudiant n'a été amené à répondre.

A travers ces chiffres nous avons pu découvrir que seulement un tiers des diplômés sondés restent dans leur région de formation. En comparaison,on remarque que deux tiers des audioprothésistes quittent cette dernière au profit de leur région d'origine. La FNEA considère que ces chiffres sont plutôt rassurants en ce qui concerne la mobilité des jeunes diplômés. En effet, les deux tiers des professionnels ne restent pas attachés à leur lieu de formation.

D'après les sondages, le deuxième facteur décisionnel dans le choix de l'école est la réputation de celle-ci. On peut bien évidemment pointer du doigt le réel intérêt que les étudiants portent à la qualité de la formation et leur souhait d'être préparés au mieux à l'exercice de leur futur métier. Rappelons que la satisfaction des patients équipés d'aides auditives est aujourd'hui, pour la France, estimée à 82% par EHIMA lors de son enquête Eurotrak 2018. La FNEA continue de penser que le taux de sa tisfaction est le résultat d'une formation qualitative des professionnels de santé. Cela peut encore être amélioré par la refonte de la formation.

La FNEA souhaite également alerter les instances françaises sur les méthodes d'équivalences et met en lumière certaines dérives liées au libre échange des diplômes dans I'UE. En effet,aucune donnée n'est disponible sur le nombre d'autorisations d'exercices délivrées chaque année par les différentes DRJSCS. Ces équivalences ne sont donc pas prises en compte dans la détermination du numerus clausus. De plus, de nouveaux acteurs profitent de ces équivalences minima listes pour "former" des étudiants en visio-conférence avec des universités européennes à hauteur d'une journée par semaine. Ces entités opportunistes, dont la légalité peut être interrogée, font aujourd'hui baisser le niveau de formation des audioprothésistes et peuvent à terme nuire considérablement à la qualité de prise en charge des patients malentendants en France. Elles sont la caution d'un système dans lequel l'accès aux études d'Audioprothèse repose sur une sélection par l'argent. La FNEA restera très vigilante à toutes ouvertures de formations incohérentes qui plus est quand leur but est exclusivement économique.

Dans la pratique quotidienne de la profession, les délais d'obtention d' un rendez-vous sont extrêmement courts, soit moins de deux semaines chez 9 audioprothésistes sur 10. Aujourd'hui, bien que les délais d'obtention d'un rendez­-vous soient très corrects, le ratio ORL/audioprothésistes nuit à ce temps de prise en charge dans certaines régions françaises. Il est important de noter que 41% des audioprothésistes adaptent moins de 200 appareils par an.

Les résultats de cette enquête montrent que les patients obtiennent un rendez-vous avec des délais très courts. De plus, les audioprothésistes sont mobiles sur le territoire français et ne se limitent pas à leur région de formation. Ainsi la FNEA met en garde sur une augmentation trop importante du nombre d'écoles et par conséquent du numerus clausus qui pourrait alors devenir incohérent par rapport aux accords du 100% santé. Il est maintenant important d'entamer les discussions autour de la réingénierie avec les instances ministérielles. la FNEA demande également l'arrêt de ces nouvelles "formations" totalement scandaleuses et sans projets pédagogiques.