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Qu'est-ce que le nystagmus (tremblement incontrôlé des yeux) ?

Audition

20.11.25

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Vos yeux oscillent de manière involontaire et rythmique ? C’est le signe caractéristique du nystagmus. Souvent lié à un dysfonctionnement de l’oreille interne ou de l’équilibre, ce phénomène peut survenir à tout âge. Ce guide vous explique ce qu’est le nystagmus, ses causes, les outils diagnostiques à disposition ainsi que les solutions possibles.

Qu’est-ce que le nystagmus ?

Un nystagmus est un mouvement rythmique involontaire de l’un ou des deux yeux, même si les deux yeux bougent la plupart du temps de manière synchrone. Les yeux font alors des mouvements oscillatoires incontrôlés de haut en bas, de droite à gauche ou circulaires. Selon les cas, ce tremblement des yeux peut être permanent ou intermittent et relever de causes variées. 

Un nystagmus peut être tout à fait naturel et sans danger pour la santé. C’est le cas du nystagmus physiologique, qui se manifeste par exemple lorsque l’on regarde passer un train au passage à niveau et que nos yeux suivent brièvement le mouvement avant de venir se replacer au centre du champ de vision. Dans d’autres cas, le nystagmus est pathologique. Il s’accompagne alors souvent d’un strabisme et peut avoir des conséquences sur la qualité de vie. 

Causes possibles d’un nystagmus pathologique

Le nystagmus peut être congénital (présent à la naissance et parfois héréditaire) ou acquis à tout âge, notamment en présence d’un trouble du système vestibulaire ou de l’encéphale. 

Il peut par exemple évoquer : 

Diagnostic du nystagmus

Le diagnostic du nystagmus repose sur une approche multidisciplinaire, impliquant souvent une collaboration entre l’ophtalmologiste, le médecin ORL et parfois le neurologue. L’objectif est double : confirmer la présence du nystagmus et, surtout, en identifier l’origine (vestibulaire, neurologique ou ophtalmologique) pour proposer une prise en charge adaptée. 

L’examen clinique constitue une première étape indispensable. La consultation débute par un interrogatoire précis pour comprendre l’historique du patient, la date d’apparition des troubles et ses antécédents familiaux. Le médecin procède ensuite à l’observation des mouvements oculaires, notamment pour mesurer leur importance. 

Selon les spécificités du cas, le diagnostic peut être affiné à l’aide d’examens complémentaires :  

  • Vidéonystagmographie (VNG) : cet examen indolore consiste à enregistrer et analyser les mouvements oculaires lors de différentes stimulations. Il est régulièrement utilisé en présence de vertiges et de troubles de l’équilibre car il permet de différencier une origine périphérique (oreille interne) d’une origine centrale (cerveau). 
  • Électrorétinogramme (ERG) et Potentiels Évoqués Visuels (PEV) : ces tests sont prescrits si une cause ophtalmologique (problème de rétine ou de nerf optique) est suspectée. Ils permettent de mesurer la réponse électrique de l'œil et du cerveau à des stimulations lumineuses. 
  • IRM cérébrale : elle permet de visualiser l’encéphale et le nerf auditif pour écarter ou confirmer une cause neurologique. 

Amplitude du nystagmus

On mesure l’importance d’un nystagmus en fonction de l’amplitude du mouvement opéré par les globes oculaires. Il est ainsi faible lorsque l’angle est inférieur à 5°, modéré entre 5 et 15° et fort au-delà. On parle par ailleurs de nystagmus pendulaire lorsque les deux phases se font à la même vitesse (phases symétriques) et de nystagmus à ressort lorsqu’une phase est plus rapide que l’autre (phases asymétriques). 

Symptômes associés recherchés lors du diagnostic

Le nystagmus est rarement isolé. En plus du mouvement oculaire, il s’accompagne souvent d’autres symptômes, pris en compte lors du diagnostic : 

  • Oscillopsie (sensation que l’environnement visuel est instable ou tremble. Il s’agit souvent du symptôme le plus gênant au quotidien) 
  • Vertiges
  • Troubles de l’équilibre
  • Baisse de l’acuité visuelle
  • Photophobie (sensibilité accrue à la lumière)
  • Torticolis

Traitements et solutions : peut-on soigner le nystagmus? 

La prise en charge du nystagmus dépend intrinsèquement de sa cause. Si le nystagmus est dû à une pathologie identifiée, une intoxication ou un traumatisme, le traitement de la cause (par exemple, soigner une otite interne ou arrêter un médicament ototoxique) permet souvent de faire disparaître ou de réduire considérablement les symptômes. 

Dans le cas du nystagmus congénital ou idiopathique (sans cause connue), l’objectif n’est généralement pas la suppression totale du tremblement, mais l’amélioration de l’acuité visuelle et du confort de vie. Plusieurs options peuvent alors être envisagées. 

Correction optique

Une vision floue a tendance à aggraver le nystagmus. La correction des troubles de la réfraction (myopie, astigmatisme ou hypermétropie) constitue donc une étape fondamentale. Les lentilles de contact constituent souvent la solution privilégiée car, contrairement aux lunettes, elles se déplacent avec l'œil et restent donc toujours alignées avec l’axe visuel. 

Si le patient possède une zone neutre excentrée (un angle du regard où le nystagmus se calme), l’ophtalmologiste peut prescrire des lunettes à prismes. Ces verres spéciaux dévient la lumière pour permettre au patient de voir droit devant lui tout en gardant ses yeux dans la position de confort, évitant ainsi de devoir tourner la tête en permanence. 

Rééducation orthoptique

La rééducation orthoptique ne permet pas de soigner le nystagmus. Elle peut néanmoins améliorer la qualité de la vision binoculaire et contribuer à lutter contre la fatigue visuelle. Elle joue ainsi un rôle clé dans la gestion de certains symptômes associés. 

Traitements médicamenteux

Il n’existe pas de médicament traitant directement le nystagmus. Certaines molécules peuvent néanmoins être efficaces pour en atténuer l’intensité, notamment pour les nystagmus acquis. Les médicaments parfois prescrits offrent néanmoins peu de résultats et peuvent s’accompagner d’effets secondaires (somnolence, vertiges). 

Chirurgie du nystagmus

L’intervention chirurgicale est généralement envisagée lorsque les autres solutions n’ont pas suffi, en particulier chez les patients présentant un torticolis important. Une technique courante consiste à déplacer l’insertion des muscles oculomoteurs (responsables du mouvement des yeux) pour aligner la zone neutre avec la position du regard direct. L’opération peut à la fois soulager les douleurs cervicales liées au torticolis, améliorer le confort visuel et réduire l’intensité du nystagmus, bien qu’il disparaisse rarement totalement.