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Comment savoir si on est misophone ?

Audition

09.09.22

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Lorsque l’on est misophone, certains bruits communs deviennent insupportables, jusqu’à entraîner du dégoût, de l’anxiété, des pleurs, voire de l’agressivité dans les cas les plus extrêmes. Pourtant, il ne suffit pas d’être irrité par certains sons pour souffrir de misophonie. Pour empêcher que la situation ne s’aggrave, certains signes doivent alerter. Un diagnostic en bonne et due forme est alors encore nécessaire pour une prise en charge adaptée.

Suis-je misophone : les signes à repérer

Une personne misophone ne supporte pas, ou plus, certains sons du quotidien. Il s'agit bien souvent de bruits produits par son entourage, comme le bruit des doigts qui courent sur un clavier d'ordinateur, les ronflements ou les bruits de bouche à table. Il peut également s'agir de sons en apparence communs produits par des objets du quotidien comme des glaçons qui se heurtent dans un verre ou l'eau qui circule pendant le cycle du lave-vaisselle. Dans la grande majorité des cas, ils sont néanmoins produits par des personnes adultes. 

Si ces sons vous agacent lorsqu'ils sont répétitifs ou particulièrement forts, il n'y a pas de raison de vous inquiéter. Au contraire, s'ils vous rendent anxieux, vous énervent anormalement ou même vous dégoûtent, vous êtes peut-être misophone. Dans ce cas, demandez-vous également si vous mettez en place, peut-être inconsciemment, des stratégies d'évitement (tentative d’éviter des situations dans lesquelles vous pensez pouvoir entendre ces sons, utilisation de bouchons d'oreille, couverture des sons environnant par de la musique, etc.). 

Face à l'une ou l'autre de ces situations, il est important de consulter un professionnel de santé afin de diagnostiquer ou non la misophonie. Non traitée, elle peut empirer, jusqu'à ce que certains sons deviennent tout bonnement insupportables. 

Diagnostic à l’aide de l'échelle Amsterdam Misophonia Scale

La misophonie est difficile à diagnostiquer. Considérée comme un trouble psychique, ce sont généralement les psychiatres qui sont les plus à même de la repérer. Pour ce faire, ils utilisent une échelle bien spécifique, appelée Amsterdam Misophonia Scale (A-MISO-S). Il s'agit plus précisément d’une adaptation de l'échelle Y-BOCS (pour Yale-Brown-Obsessive-Compulsive-Scale), utilisée dans le diagnostic des troubles obsessionnels compulsifs (TOC). 

Cette échelle a été mise au point en 2009 à Amsterdam, au cours d'une étude visant à affiner les critères de diagnostic de la misophonie. Le test qui en découle est simple et totalement indolore. Il consiste en six catégories de questions, qui permettent de mesurer l'importance de l'aversion aux sons, selon une échelle allant de 0 (non-misophone) à 24 (misophonie extrême). Elles concernent principalement :

  • La date d'apparition du trouble
  • L’importance de l'isolement social lié à l'aversion aux sons
  • Le degré de colère ressenti
  • La faculté du patient à résister à l'impulsion causée par les symptômes
  • Sa capacité à contrôler ses pensées et sa colère
  • Le temps passé quotidiennement à lutter contre les troubles

Qui peut être misophone ?

Malheureusement, tout le monde. Il existe des misophones de tout âge et tout genre. Un enfant peut ainsi déjà être misophone. Même si la prévalence de la maladie n'est pas connue, certains facteurs à risques semblent se détacher. 

  • 10% des personnes souffrant d'acouphènes sont misophones. 
  • Un facteur génétique semble également exister puisque plus de la moitié des misophones ont des antécédents familiaux. 
  • Les personnes misophones souffrent parfois également de TOC, de troubles anxieux, de dépression, de stress post-traumatique (PTSD), de troubles du comportement alimentaire et/ou du syndrome de Tourette, laissant présager un possible lien entre ces différents troubles. 

À quel âge devient-on misophone ?

La plupart du temps, on devient misophone dès l’enfance ou l’adolescence. Les symptômes s’intensifient ensuite avec le temps. Selon les patients, des phobies, des troubles anxieux et des TOC peuvent apparaître, ce qui encourage la sphère scientifique à considérer les problèmes des misophones comme relevant du domaine psychologique plutôt que s’apparentant aux troubles liés à une perte d’audition, ou à une hyperacousie (hypersensibilité aux sons), souvent comparée voire confondue avec la misophonie. 

Existe-t-il un traitement efficace lorsque l’on est misophone ? 

À ce jour, il n’existe aucun traitement médicamenteux ni de thérapie permettant de soigner un misophone. Néanmoins, comme pour les phobies ou les acouphènes qui l’accompagnent parfois, il est possible de la soulager à l’aide de thérapies comportementales et cognitives. Il s’agit dans ce cas-ci plutôt de thérapies d’adaptation que de traitements à proprement parler. En présence d’acouphènes, l’hypnose et les thérapies à base de bruit blanc peuvent également être envisagées. Tout le travail consiste alors à apprendre au cerveau à ignorer ou en tout cas à moins se focaliser sur les bruits insupportant la personne misophone.

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