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La CNSA réaffirme l’importance de la santé auditive dans les politiques de prévention de la perte d’autonomie

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La nouvelle publication de la CNSA sur la santé auditive et visuelle des personnes âgées vient conforter une conviction centrale du SDA : bien prendre en charge le déficit auditif, c’est agir en prévention sur l’autonomie, la cognition et le bien vieillir. Elle souligne aussi, en creux, l’exigence d’un cadre éthique et professionnel pour l’exercice de la profession d’audioprothésiste, à la hauteur de ces enjeux de santé publique.

La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), établissement public chargé d’accompagner les politiques de l’autonomie et du bien vieillir, avec l'appui de l'Union des gérontopôles de France, vient de publier une nouvelle synthèse consacrée à la santé auditive et visuelle des personnes âgées de plus de 60 ans1, ainsi qu’une analyse scientifique de la littérature internationale2. Pour le Syndicat des audioprothésistes (SDA), cette publication constitue un signal important : le déficit auditif est désormais reconnu, au plus haut niveau des politiques de prévention de la perte d’autonomie, comme un enjeu majeur de santé publique.

Les constats établis par la CNSA rejoignent, sur de nombreux points, les analyses portées par le SDA. La publication rappelle d’abord que les déficiences sensorielles ne sauraient être considérées comme de simples conséquences « naturelles » du vieillissement. Elles peuvent être prévenues, corrigées ou compensées. Elle souligne ensuite que la presbyacousie constitue l’un des principaux facteurs modifiables du déclin cognitif, qu’elle favorise l’isolement social, altère la qualité de vie, accroît le risque de chutes et participe directement à la perte d’autonomie. Depuis plusieurs années, le SDA défend précisément cette approche globale : compenser une perte auditive, c’est agir bien au-delà de l’audition, sur la santé mentale, la cognition, la locomotion et, plus largement, sur les conditions du bien vieillir.

Le document de la CNSA converge également avec une autre conviction essentielle du SDA : la prise en charge du déficit auditif ne peut être réduite à une logique d’équipement. La correction auditive n’a de sens que si elle s’inscrit dans un parcours de prévention, d’accompagnement et de suivi. La CNSA insiste sur la nécessité d’un repérage précoce, d’une intervention intégrée, de l’articulation avec les comorbidités, de l’éducation thérapeutique et de la lutte contre l’isolement social. Elle confirme ainsi qu’en audiologie, l’aide auditive n’est pas autosuffisante : la qualité du bénéfice dépend de l’accompagnement professionnel et de l’inscription du patient dans une démarche de suivi cohérente, durable et personnalisée.

La CNSA relève toutefois la persistance d'obstacles non économiques à l'appareillage, tenant notamment à une connaissance encore insuffisante, par le grand public, des bénéfices d'un appareillage précoce, en particulier sur le plan cognitif. Ces freins renvoient à un enjeu fondamental : celui de l'accès à une information claire, fiable et orientée vers l'intérêt du patient. Or c'est précisément cet enjeu que compromettent les pratiques dénoncées par l'Académie nationale de médecine, qui a alerté sur le développement de « campagnes publicitaires agressives et éthiquement problématiques (démarchages téléphoniques intrusifs, taxis gratuits, spots radiophoniques ou télévisuels incessants, camionnettes d'Optical center, etc.) »3. En assimilant trop souvent les aides auditives à de simples produits de consommation, cette marchandisation contribue à brouiller, dans l’esprit des patients, la portée sanitaire de la compensation du déficit auditif, et à retarder l'âge du premier appareillage.

Enfin, en inscrivant pleinement la santé auditive dans les politiques du « bien vieillir » et de prévention de la perte d’autonomie, la CNSA rejoint l’appel du SDA à mieux intégrer l’audition dans les politiques publiques. Cette convergence confirme qu’une politique ambitieuse en matière de santé auditive n’est pas un sujet sectoriel, mais une exigence sanitaire, sociale et démographique pour notre pays. Elle rappelle aussi qu’un tel objectif suppose une régulation à la hauteur de la nature même de cette activité : parce qu’elle intervient auprès de patients souvent âgés, fragiles et confrontés à une forte asymétrie d’information, la profession d’audioprothésiste doit être encadrée, comme les autres professions de santé, par des règles garantissant l’éthique, la qualité des pratiques et la primauté de l’intérêt du patient sur les logiques commerciales.

1 CNSA, Quels programmes mener pour préserver la santé auditive et visuelle ?, avril 2026
2 CNSA, Analyse scientifique des critères d’efficience des actions de prévention et de promotion de la santé visuelle et auditive des 60 ans et plus, avril 2026
3 Académie nationale de médecine, Les dérives du 100 % santé, 5 mai 2026


À propos du SDA
Le Syndicat des audioprothésistes (SDA ex-UNSAF) est l’organisme professionnel représentatif des 5 100 audioprothésistes de France. Il siège à l'Union nationale des professionnels de santé (UNPS), l'Union Nationale des Professions Libérales (UNAPL) et au Haut Conseil des professions paramédicales (HCPP). Il est le signataire de la convention nationale de tiers-payant et de l’accord cadre interprofessionnel (ACIP), conclus avec les Caisses nationales d'assurance maladie. Le SDA est aussi membre du World Hearing Forum de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Il est présidé par Stéphane Gallégo depuis mars 2026.
Centrales et enseignes partenaires du SDA : Audio Libre, Audition Conseil, Centrale des Audioprothésistes CDA, Dyapason, Entendre, Phonème, Saga.