Logo Annuaire Audition
Actualités
...

La nouvelle classification du BIAP des degrés de perte auditive est alignée sur la classification de l’OMS !

image bannière

Le 1er septembre 2026, le BIAP (Bureau international d’Audiophonologie) a publié la nouvelle Recommandation 02/2 : « Classification audiométrique du degré de perte auditive et considérations relatives à son impact sur le fonctionnement ».

Le présent document aligne le système de classification du BIAP sur le cadre de l’OMS de 2019. Comme la classification de l’OMS, ce type de classification est destiné à des fins épidémiologiques et s’adresse principalement aux populations adultes.

Toutefois, le BIAP affirme qu’une classification reposant uniquement sur la moyenne des seuils auditifs tonals à quatre fréquences présente plusieurs limites. Cette approche ne prend pas en compte l’ensemble du profil audiométrique, notamment :

  • la forme de la courbe des seuils auditifs ;
  • le type de perte auditive — par exemple neurosensorielle, de transmission, mixte ou liée à des troubles auditifs complexes ;
  • l’évolution de la perte auditive.

Elle exclut également des évaluations complémentaires, telles que l’audiométrie vocale, et ne permet pas de prédire les conséquences fonctionnelles et sociales de la déficience auditive dans les situations individuelles.

Afin de répondre aux limites d’une approche reposant exclusivement sur les seuils de l’audiométrie tonale, le BIAP complétera cette classification de base par un cadre plus global, intégrant d’autres paramètres audiologiques ainsi que les différentes situations et conditions liées à l’audition, dans de futures recommandations.

Lorsque cette classification est appliquée au-delà de sa finalité épidémiologique initiale — par exemple, dans des contextes cliniques ou médico-administratifs — le BIAP recommande une révision conceptuelle et méthodologique.
Plus précisément, il propose une classification audiométrique spécifique à chaque oreille, les seuils étant évalués séparément pour chaque oreille, plutôt que de se fonder uniquement sur l’oreille la meilleure. Cette approche repose sur le constat que les asymétries interaurales sont cliniquement pertinentes et que l’audition fonctionnelle, les stratégies de réhabilitation ainsi que les décisions médico-administratives dépendent des profils propres à chaque oreille, et non pas uniquement de la meilleure oreille.
En outre, le BIAP recommande de ne pas utiliser de termes catégoriels tels que « perte auditive » ou « surdité », mais plutôt un continuum gradué (grades 0 à 6), afin de mieux rendre compte du caractère progressif de l’atteinte auditive et d’éviter toute interprétation déterministe des capacités de communication.