fermer
revenir au site   >

Otite nécrosante : symptômes, causes et traitements

Audition

13.01.26

image bannière

L’otite nécrosante est une infection rare et sévère qui dépasse le conduit auditif pour s’attaquer aux structures osseuses du crâne. Touchant principalement les personnes diabétiques ou immunodéprimées, elle impose une prise en charge urgente. Ce guide vous aide à identifier les signes d’alerte, à comprendre les mécanismes de la pathologie et à découvrir les options de traitement. 

Qu'est-ce qu'une otite nécrosante ou maligne ?

L’otite nécrosante, parfois appelée otite maligne, est une infection rare mais sévère du conduit auditif externe. Contrairement à une otite classique qui reste superficielle, cette pathologie se propage aux structures osseuses environnantes. 

Il s’agit techniquement d’une ostéomyélite de l’os temporal. L’ostéomyélite désigne une infection profonde de l’os : dans notre cas, des bactéries s’attaquent à la structure rigide qui abrite les organes de l’audition et de l’équilibre, ainsi que la base du crâne. Bien que le terme de “maligne” puisse inquiéter, il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un cancer. Le terme souligne le caractère agressif et la progression rapide de l’infection si elle n’est pas traitée rapidement. 

Cette complication de l’otite externe survient principalement chez des profils de patients spécifiques, dont les défenses naturelles sont affaiblies : 

  • Les personnes atteintes de diabète (en particulier lorsque la glycémie est mal contrôlée). 
  • Les personnes immunodéprimées. 
  • Les personnes âgées, dont la vascularisation de l’os temporal peut être moins efficace. 

Causes possibles

Dans la grande majorité des cas, l’otite nécrosante est déclenchée par une bactérie opportuniste appelée Pseudomonas aeruginosa. D’autres agents pathogènes peuvent toutefois être responsables, comme le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) et certains champignons comme l’Aspergillus. 

Quelle que soit l’origine de l’infection, le principe reste le même : elle débute dans la peau du conduit auditif externe, puis profite des fissures naturelles de l’os pour s’étendre aux tissus mous et aux os de la base du crâne, pouvant affecter les nerfs crâniens qui passent à proximité. 

Reconnaître une otite externe nécrosante

Le principal défi de l’otite nécrosante est de ne pas la confondre avec une otite externe bénigne au début de son évolution. Le signe d’alerte majeur est une douleur lancinante, profonde et disproportionnée, qui ne cède pas aux antalgiques et s’aggrave souvent durant la nuit. 

Dès que cette suspicion est établie, le médecin ORL doit confirmer le diagnostic par des examens de précision : 

  • Tomodensitométrie (TDM) haute résolution : ce scanner de l’os temporal permet de visualiser l’étendue des lésions osseuses et de confirmer la présence d’une ostéomyélite. 
  • Culture bactérienne : un prélèvement des sécrétions de l’oreille est indispensable pour identifier précisément le germe responsable et cibler l’antibiotique. 
  • Biopsie : parfois pratiquée pour prélever un petit échantillon de tissu, elle sert principalement à éliminer toute autre pathologie (comme une tumeur) présentant des symptômes similaires. 

Principaux symptômes

  • Otalgie persistante et sévère (douleurs à l'oreille). 
  • Écoulement de pus nauséabond (otorrhée purulente). 
  • Signes inflammatoires généraux (fièvre, maux de tête localisés, fatigue intense). 
  • Troubles auditifs et vestibulaires (surdité de transmission, acouphènes, vertiges). 
  • Atteintes neurologiques : c’est le stade le plus grave. L’infection peut toucher les nerfs crâniens, provoquant une paralysie du nerf facial (le visage s’affaisse d’un côté) ou des difficultés à avaler et à parler. 

Comment traiter une otite nécrosante ?

Le traitement de l’otite nécrosante est une urgence médicale. Elle se distingue d’une otite aiguë classique pas son caractère résistant, les gouttes auriculaires classiques ne suffisent donc pas à stopper l’infection. La prise en charge peut nécessiter une hospitalisation initiale pour administrer des soins intensifs et prolongés. Les cas bénins peuvent être traités en ambulatoire, toutefois avec un suivi strict. 

Les piliers du traitement reposent sur : 

  • Une antibiothérapie ciblée : c’est le traitement fondamental. Les antibiotiques sont d’abord administrés par voie intraveineuse avant de passer par voie orale. La durée est longue, généralement six semaines ou plus, pour s’assurer que l’infection de l’os est totalement éradiquée. Le choix de la molécule dépend des résultats de la culture bactérienne. 
  • Les corticostéroïdes : ils sont parfois prescrits pour réduire l’inflammation du conduit auditif et soulager la compression des nerfs crâniens. 
  • Le débridement chirurgical : bien que plus rare aujourd’hui grâce à l’efficacité des antibiotiques, une intervention peut être nécessaire pour nettoyer les tissus morts (nécrosés) ou retirer des fragments d’os infectés qui empêchent la guérison. 

Une prise en charge globale

Puisque cette pathologie touche majoritairement des personnes fragiles, la réussite du traitement dépend aussi de la gestion des maladies sous-jacentes. 

  • Suivi rigoureux du diabète : un taux de sucre élevé dans le sang favorise la prolifération bactérienne et freine la cicatrisation. Pour les patients diabétiques, un ajustement précis de l’insuline ou du traitement antidiabétique est essentiel pendant toute la durée du traitement. 
  • Ajustement de l’immunothérapie : pour les patients immunodéprimés, une concertation entre l’ORL et les autres spécialistes (oncologue, immunologue) est nécessaire. Selon les cas, il peut être envisagé d’ajuster ou d’interrompre temporairement certains traitements d’immunothérapie pour permettre au corps de mieux combattre l’infection. 

Pour conclure

L’otite nécrosante est une pathologie sérieuse qui rappelle l’importance de ne pas négliger une douleur auriculaire persistante, en particulier chez les personnes diabétiques ou immunodéprimées. Une détection précoce est le meilleur moyen d’éviter des complications neurologiques lourdes. Prendre soin de sa santé auditive commence par une hygiène douce (voir nos conseils pour bien se nettoyer les oreilles), des bilans auditifs réguliers et la consultation rapide d’un spécialiste ORL dès l’apparition des premiers symptômes.