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Comprendre le taux d'incapacité pour surdité (calcul et aides)

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En France, l’évaluation du taux d’incapacité pour surdité détermine l’accès à vos droits fondamentaux, des aides financières comme l’AAH aux aménagements professionnels. Pourtant, son calcul reste souvent complexe. Comment la perte d’audition est-elle mesurée ? Quels seuils déclenchent les prises en charge ? Ce guide présente les critères techniques et juridiques pour faire reconnaître vos droits.

L'essentiel à retenir

  • Le taux d’incapacité pour surdité est évalué par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) selon le guide-barème officiel. 
  • La perte auditive, qui détermine l’attribution d’un taux d’incapacité, est mesurée en décibels (dB) sans appareillage. 
  • Des facteurs associés (acouphènes, vertiges) peuvent majorer ce taux. 
  • L’accès aux aides financières (AAH, AEEH) et humaines (PCH) dépend directement du taux attribué par la MDPH. 

Comment est mesurée l’incapacité auditive ?

L’évaluation d’un déficit auditif par la MDPH repose sur des critères cliniques stricts. Conformément au guide-barème national, la mesure de l’incapacité est déterminée à partir de la perte auditive moyenne, exprimée en décibels. Le taux d’incapacité pour surdité est quant à lui exprimé en pourcents. 

L’examen se fait obligatoirement sans appareillage. Les performances obtenues avec des prothèses auditives ou un implant cochléaire ne sont donc pas prises en compte pour le calcul du taux d’incapacité car ce dernier évalue la déficience intrinsèque de la personne. 

Le calcul de la perte auditive moyenne s’effectue par une audiométrie tonale sur les fréquences conversationnelles. Une audiométrie vocale est systématiquement jointe au dossier afin de mesurer le score de discrimination, c’est-à-dire la capacité réelle à comprendre les mots, ce qui permet d’affiner l’évaluation du retentissement social de la surdité. Elle permet notamment de détecter un éventuel syndrome du banquet

Taux d’incapacité de la MDPH

Le croisement des valeurs de la meilleure oreille et de la moins bonne oreille détermine l’attribution d’un taux d’incapacité de base. 

 

20 à 39 dB

40 à 49 dB

50 à 59 dB

60 à 69 dB

70 à 79 dB

≥ 80dB

<20 dB

0

5

10

15

20

20

20 à 39 dB

5

10

15

20

25

30

40 à 49 dB

10

15

25

30

35

40

50 à 59 dB

15

25

35

40

50

55

60 à 69 dB

20

30

40

50

60

70

70 à 79 dB

25

35

50

60

70

75

≥ 80 dB

30

40

55

70

75

80

Ce barème met en évidence qu’une surdité unilatérale (une seule oreille atteinte) conduit généralement à un taux inférieur à 50 %, tandis qu’une surdité bilatérale sévère à profonde est requise pour atteindre ou dépasser le seuil des 80 %. 

Les cas où le taux d’incapacité est majoré

Le taux d’incapacité issu du strict calcul de la perte en décibels n’est pas toujours définitif. Le guide-barème de la MDPH prévoit que des troubles annexes liés à la sphère ORL ou neurologique peuvent aggraver l’impact de la surdité sur la vie quotidienne professionnelle, justifiant une majoration du taux. 

Trois facteurs principaux sont évalués : 

Quels sont les seuils du taux d’incapacité pour surdité ?

L’attribution d’un taux d’incapacité par la MDPH détermine directement l’ouverture des droits aux prestations financières, professionnelles et humaines. L’accès à ces aides s’articule autour de paliers précis, définis par le Code de l’action sociale et des familles

  • Taux <50 % : gêne légère. Le handicap est reconnu mais n’entrave pas l’autonomie dans les actes essentiels de la vie quotidienne. 
  • Taux compris entre 50 et 79 % : entrave notable. Des obstacles réels dans l’insertion sociale et professionnelle sont reconnus. Un tel taux donne accès à la RQTH et parfois à l’AAH, sous condition de Restriction Substantielle et Durable d’Accès à l’Emploi (RSDAE). 
  • Taux ≥ 80 % : handicap majeur. Un taux d’au moins 80 % est reconnu comme entraînant une rupture de l’autonomie individuelle ou une entrave majeure dans le quotidien. 

Droits financiers et prestations

La MDPH attribue le taux d’incapacité pour surdité. C’est ensuite la Commission des Droits de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH) qui statue sur les demandes et attribue les droits et prestations. 

Pour les adultes

  • L’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH)
    • Taux  ≥ 80 % : l’AAH est accordée de plein droit (sous conditions de ressources). En 2026, le montant maximal de référence est de 1033,32 €/mois. Si le handicap est irréversible, elle est attribuée à vie. 
    • Taux entre 50 % et 79 % : elle est accessible uniquement si la MDPH valide une RSDAE causée par la surdité. 
  • La vie professionnelle (RQTH) : elle permet d’obtenir des aménagements de poste (transcription écrite, interprétation LSF/LfPC) cofinancés par l’AGEFIPH ou le FIPHFP. 
  • L’autonomie (PCH) : elle est accessible selon la gêne concrète (parfois dès 50 % d’incapacité). Elle finance les aides techniques, notamment le reste à charge des appareils auditifs ou des systèmes d’alerte visuelle. 

Pour les enfants (moins de 20 ans)

  • L’Allocation d’Éducation pour l’Enfant Handicapé (AEEH) :
    • Taux  ≥ 80 % : l’AEEH est versée automatiquement pour compenser le handicap de l’enfant. Pour une surdité bilatérale diagnostiquée avant trois ans, un taux d’incapacité de 80 % est automatiquement accordé en raison des troubles du langage associé. 
    • Taux entre 50 % et 79 % : elle est accordée si l’enfant fréquente un enseignement adapté, bénéficie de soins réguliers (orthophonie, SESSAD) ou si son état exige un accompagnement spécifique. 
  • Les compléments d’AEEH : six niveaux d’aides supplémentaires peuvent être accordés si la surdité de l’enfant impose des frais importants (reste à charge des appareils auditifs notamment) ou réduit le temps de travail des parents. 

Constituer son dossier MDPH pour troubles auditifs

La constitution du dossier MDPH s’appuie sur deux documents clés : le certificat médical ORL et le projet de vie

Le certificat médical (formulaire Cerfa 15695*01) doit obligatoirement être rempli par un médecin ORL, avoir moins de 12 mois et être accompagné d’un audiogramme complet réalisé sans appareillage. Il doit consigner le déficit en décibels, mais aussi les éventuels troubles associés, comme les acouphènes ou les vertiges vestibulaires. 

Souvent négligé, le projet de vie est crucial pour comprendre les conséquences concrètes de la perte auditive sur le quotidien. Il convient d’y détailler la fatigabilité liée à l’effort de concentration, l’isolement social ou les obstacles rencontrés dans le milieu professionnel. 

Selon l’âge et la situation, il peut être nécessaire de joindre au dossier des formulaires complémentaires concernant la vie scolaire, la situation professionnelle ou la vie d’un aidant familial

Une fois complété, le dossier peut être déposé en ligne ou par courrier, en veillant à conserver une copie en cas de perte ou pour préparer un éventuel recours. 

 

Avertissement : ce guide synthétise les règles d’évaluation du taux d’incapacité pour surdité en France, mais seule la CDAPH est souveraine pour attribuer votre taux après évaluation personnalisée. Les informations contenues dans cet article ne remplacent par ailleurs en aucun cas un avis médical professionnel, un diagnostic ou un traitement. En cas de trouble de l’audition, consultez un médecin ORL.  

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