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Implant cochléaire : définition, fonctionnement et public cible

Appareil auditif

25.03.22

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Prouesse technologique, l’implant cochléaire est un petit appareil à peine plus gros qu’un appareil auditif. Grâce à l’implantation d’électrodes, il communique directement avec le nerf auditif, permettant à des personnes souffrant de surdité profonde de retrouver une partie de l’audition. Il reste cependant encore difficile d’accès et ne permet pas de traiter tous les types de surdité.

Qu'est-ce qu'un implant cochléaire ?

Afin de bien comprendre ce qu'est un implant cochléaire, il est important de rappeler le rôle de la cochlée dans le fonctionnement de l'audition. Partie constituante de l'oreille interne avec le vestibule, c'est elle qui contient les cellules ciliées (justement également appelées cellules cochléaires), essentielles à l'audition. Ce sont en effet ces petits "cils" de l'oreille qui, en vibrant, transmettent les sons au cerveau. Une fois détériorés, il n'est pas possible de les réparer. La surdité de perception causée est alors irréversible. 

C'est là que se manifeste tout l'intérêt des implants cochléaires. 

Implant cochléaire : définition

Un implant cochléaire est un appareil électronique miniaturisé qui permet aux personnes atteintes de surdité sévère à profonde de retrouver une partie de l'audition. Il en existe différents modèles, qui comportent néanmoins tous une partie interne et une partie externe. 

  • La partie interne est très fine et doit être implantée par un chirurgien. Elle passe alors sous la peau située derrière l'oreille et s'enfonce jusqu'à rejoindre l'oreille moyenne afin de pouvoir loger un porte-électrode dans la cochlée. En tout, jusqu'à 22 électrodes peuvent être implantées dans la cochlée du patient. 
  • La partie externe ressemble à première vue à une aide auditive classique. Elle est constituée d'un processeur vocal et d'une antenne. L'extrémité de l'antenne est équipée d'un aimant, lui permettant de rester en contact avec la partie interne. Le processeur est quant à lui généralement intégré à un boîtier contour d'oreille, accroché à l’oreille externe. Il assure la double tâche de capter les sons environnants et de les coder pour les rendre intelligibles par la partie interne. 

Qui peut profiter d'un implant cochléaire ?

Les implants cochléaires s'adressent aussi bien aux enfants nés sourds qu'aux entendants pour qui la perte auditive est survenue après un traumatisme sonore, une maladie et/ou une malformation de l'appareil auditif. Ils ne sont pourtant pas adaptés à tous les types de surdité. Placés directement dans la cochlée, ils permettent avant tout d'améliorer l'audition de patients dont la surdité est due à l'absence ou à la détérioration des cellules ciliées. Les surdités endocochléaires profondes et certaines formes d'acouphènes sont donc les pathologies avant tout concernées par leur implantation. 

De plus, un implant cochléaire a besoin du nerf auditif pour transmettre le signal sonore au cerveau. En cas de surdité causée par l'absence de nerf vestibulocochléaire, il devient donc inutile. Lorsque le nerf est bien présent mais néanmoins endommagé, il reste cependant possible d'utiliser ce genre d'implants pour transmettre des informations auditives, même partielles, au cerveau et ainsi recouvrer une certaine autonomie, notamment concernant la compréhension orale. 

Enfin, l'implantation se fait sous anesthésie générale. Bien que les risques soient faibles (moins de 5% de taux de complication), ils existent néanmoins bel et bien. Par conséquent, les implants cochléaires sont avant tout conseillés aux patients dont l'état de santé général est suffisamment bon pour leur permettre de se remettre de l'opération dans de bonnes conditions. Quatre à six semaines de convalescence sont en effet généralement nécessaires, incluant une période d'adaptation à l'appareillage. 

Ainsi, pour résumer, un implant cochléaire peut en théorie profiter à tout patient, adulte ou enfant, souffrant de surdité avancée due à une défaillance de la cochlée. Pour s'assurer de l'intérêt d'une telle implantation, il convient de considérer chaque situation au cas par cas, et donc de s'en remettre à l'avis d'un médecin ORL.

Comprendre le mode de fonctionnement d'un implant cochléaire permet dans un premier temps de mieux comprendre quelles pathologies il peut ou non accompagner. 

Comment fonctionne un implant cochléaire ?

Merveille de miniaturisation, l'implant cochléaire parvient à imiter le fonctionnement naturel de l'oreille humaine pour pallier certains de ses défauts. S'il embarque des technologies particulièrement avancées, son fonctionnement global reste assez simple à comprendre. 

  1. Une fois l'implantation terminée et l'implant opérationnel, le microphone situé dans la partie externe est chargé de capter les sons environnants
  2. Le processeur prend le relais. Il code les sons avant de les rediriger vers la partie interne. La plupart des implants modernes sont désormais capables de trier les sons afin de prioriser les voix humaines et au contraire plus ou moins filtrer le bruit (circulation, conversations lointaines dans un lieu public, etc.). 
  3. La partie interne de l'implant transforme le son reçu par le processeur et le transforme en signal électrique qu'elle redirige à son tour vers les électrodes logées dans la cochlée. 
  4. Les électrodes stimulent le nerf auditif qui peut alors transmettre l'information au cerveau

Malgré cette prouesse technique, la pose d'un implant cochléaire ne permet cependant pas de recouvrer une audition "normale". 

Période d'adaptation et résultats

Un implant cochléaire ne permet jamais de recouvrer une audition tout à fait normale. On estime néanmoins que, selon les cas et les individus, il peut permettre au patient de récupérer jusqu’à 80% de l’audition du côté appareillé. Pour maximiser les résultats, il est recommandé d’implanter assez tôt, ce qui n’est pas toujours facile étant donné le relatif manque d’information sur le sujet. Pour les patients, il s’agit souvent d’une solution inconnue, ou en tout cas qui n’a jamais été considérée dans leur cas particulier, y compris par la sphère médicale. 

Chez l’enfant, l’implant cochléaire peut cependant être un moyen efficace d’entendre suffisamment pour pouvoir apprendre le langage. Chez l’adulte, son objectif est d’atteindre un niveau de compréhension orale suffisant pour pouvoir tenir une conversation normale dans un endroit calme. De nombreuses personnes implantées peuvent d’ailleurs téléphoner, et donc ne plus dépendre de la lecture sur les lèvres pour comprendre leur interlocuteur. 

Une adaptation progressive

Quel que soit l’âge du patient, le retour de l’audition ne se fait pas subitement après l’opération. Une période d’adaptation est nécessaire, à la fois pour régler l’implant correctement et pour laisser le temps à la personne de s’habituer aux sons qu’elle entend. Les semaines qui suivent l’implantation sont donc consacrées à apprendre ou à réapprendre au cerveau à décoder les sons émis par l’implant, qui peuvent sembler différents de ceux perçus naturellement dans le passé. Certains patients entendent ainsi directement des voix normales, quand d’autres entendent au début des voix anormalement aiguës ou des bips. Il s’agit donc d’un travail de longue haleine qui se fait sous suivi médical. 

Combien coûte un implant cochléaire ?

Un implant cochléaire est un appareil hautement technologique dont le prix se situe généralement autour de 20.000 euros. Il faut ajouter à cela le coût de l’opération (environ trois heures pour une oreille), le réglage et la rééducation. Au total, une implantation cochléaire coûte au moins 30.000 euros

Depuis 2009, la Sécurité Sociale assure la prise en charge de la pose d’implants cochléaires, qui sont mis à disposition d’environ 1.200 personnes chaque année en France. Ce chiffre pourrait cependant largement augmenter, en même temps que l’accès aux implants cochléaires se simplifie.

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